Sécheresse intime, brûlures, envies pressantes, infections urinaires qui reviennent : ces symptômes ont un nom, le syndrome génito-urinaire de la ménopause. Il touche plus d'une femme sur deux et se traite.
Le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) désigne l'ensemble des symptômes intimes et urinaires liés à la baisse des œstrogènes : sécheresse vaginale, brûlures, douleurs pendant les rapports, envies pressantes, infections urinaires à répétition. Il concerne plus d'une femme sur deux après la ménopause et commence souvent dès la préménopause. Contrairement aux bouffées de chaleur, il ne passe pas avec le temps : sans prise en charge, il s'aggrave. La bonne nouvelle : hygiène de vie, soins locaux, probiotiques, rééducation du périnée et, si besoin, traitement local prescrit, améliorent nettement les symptômes.
Qu'est-ce que le SGUM ?
Le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) regroupe l'ensemble des symptômes vulvo-vaginaux, urinaires et sexuels (sécheresse vaginale, brûlures intimes, douleurs pendant les rapports sexuels ou infections urinaires à répétition) liés à la baisse des œstrogènes pendant la périménopause et la ménopause. On parlait autrefois d'« atrophie vulvo-vaginale » ; le terme SGUM, adopté en 2014, reflète mieux l'atteinte urinaire.
La diminution des œstrogènes entraîne :
- un amincissement des muqueuses vaginales
- une diminution de la lubrification
- une perte d'élasticité
- une augmentation du pH vaginal
- un déséquilibre du microbiote
Ces modifications favorisent l'apparition de nombreux inconforts au niveau intime. Contrairement à certaines manifestations comme les bouffées de chaleur, le SGUM est progressif et peut s'aggraver en l'absence de prise en charge.
Quels sont les symptômes du SGUM ?
Le SGUM regroupe plusieurs types de symptômes.
1. Symptômes génitaux
- sécheresse vaginale (27 à 55 % des femmes ménopausées) — voir notre article détaillé sur la sécheresse vaginale en préménopause
- irritations, brûlures, démangeaisons
- fragilité des muqueuses
2. Troubles sexuels
- douleurs pendant les rapports, ou dyspareunie (40 à 77 %)
- baisse de la libido
- diminution du plaisir
3. Troubles urinaires (6 à 36 % des femmes selon les études)
- envies fréquentes d'uriner
- fuites urinaires
- brûlures à la miction
- infections urinaires récidivantes
Un terrain favorable aux infections
La modification du pH et du microbiote vaginal favorise également les mycoses vaginales (Candida albicans) et les vaginoses bactériennes. Ces troubles peuvent devenir récurrents et traduire un déséquilibre hormonal typique du SGUM. Au total, plus d'une femme sur deux sera concernée par au moins un symptôme.
SGUM et qualité de vie : un impact souvent sous-estimé
Le SGUM ne se limite pas à un inconfort physique. Il peut entraîner une altération de la vie sexuelle, une baisse de l'estime de soi, une gêne au quotidien (marche, sport, vêtements) et un impact sur la vie de couple. Certaines femmes évitent les rapports ou certaines activités par douleur ou appréhension. Pourtant, la santé intime et sexuelle fait partie intégrante de la santé globale.
Pourquoi le SGUM reste-t-il tabou ?
Malgré sa fréquence, le SGUM reste peu abordé. Les données montrent que seule 1 femme sur 5 souffrant d'incontinence est traitée, que près de la moitié des femmes n'en parlent pas à leur professionnel de santé et que 70 % des soignants n'abordent pas spontanément le sujet. Ce silence s'explique par la gêne ou la honte, le manque d'information et la banalisation (« c'est normal avec l'âge »).
Quel traitement naturel pour la sécheresse intime et le SGUM ?
La prise en charge du SGUM repose sur une approche globale. Avant même les traitements spécifiques, certaines actions simples du quotidien peuvent déjà améliorer significativement le confort intime.
1. L'hygiène de vie : la base souvent sous-estimée
Les fluctuations hormonales de la périménopause impactent l'ensemble de l'organisme, y compris la santé intime. Agir sur son hygiène de vie permet de soutenir cet équilibre en profondeur.
Alimentation. Une alimentation équilibrée joue un rôle clé dans le maintien du microbiote vaginal et l'hydratation des cellules :
- privilégier une alimentation riche en fibres (légumes, fruits, légumineuses)
- intégrer des aliments fermentés (yaourt, kéfir, choucroute…)
- limiter les sucres raffinés, qui favorisent les déséquilibres microbiens
- boire 1,5 à 2 L d'eau par jour
- consommer des oméga-3 (petits poissons gras) et des oméga-7 (huile d'argousier, noix de macadamia), qui participent à l'hydratation des muqueuses
Gestion du stress et des émotions. Respiration, yoga, méditation, cohérence cardiaque soutiennent l'équilibre hormonal et le confort intime.
Activité physique régulière. L'exercice améliore la circulation sanguine, soutient l'équilibre hormonal et renforce le plancher pelvien. Une activité douce mais régulière (marche, pilates, yoga) est déjà très efficace.
2. Adopter des gestes doux au quotidien
Hygiène intime minimaliste. Le vagin est un organe auto-nettoyant : laver uniquement la vulve avec un soin doux au pH adapté, éviter les douches vaginales qui perturbent la flore. Une hygiène excessive peut aggraver la sécheresse et les déséquilibres.
Choisir des matières adaptées. Pour éviter l'humidité et la macération, privilégier les sous-vêtements en coton, éviter les matières synthétiques et les vêtements trop serrés.
3. Rééduquer son périnée
Indiquée en cas de fuites urinaires, d'urgenturies ou de perte de tonus, la rééducation périnéale est encadrée par un kinésithérapeute ou une sage-femme et repose sur des exercices musculaires, du biofeedback et de l'électrostimulation. Elle est remboursée sur prescription.
4. Hydrater et protéger la muqueuse
Un hydratant vaginal utilisé régulièrement (pas seulement avant les rapports) redonne du confort à la muqueuse. Notre gel intime bio Dry is Gone, à base d'acide hyaluronique, d'aloe vera et d'huile de coco, hydrate, apaise et aide à préserver la souplesse des tissus.
5. Soutenir le microbiote vaginal
Pour contribuer à l'équilibre du microbiote vaginal, Ginama a développé Flore Fabulous, un complément alimentaire à base de probiotiques ciblés (L. acidophilus, L. crispatus, L. rhamnosus), les souches dominantes d'une flore intime saine.
6. Les traitements sur prescription
Quand les symptômes sont installés, les œstrogènes locaux (ovules, crème, anneau) sont le traitement de référence du SGUM : ils agissent directement sur la muqueuse, avec un passage dans le sang très faible, et sont compatibles avec la plupart des situations, y compris après certains cancers, sur avis spécialisé. D'autres options existent (prastérone locale, ospémifène, laser vaginal). C'est votre gynécologue, votre médecin ou votre sage-femme qui en décide avec vous. Cet article ne se substitue pas à un avis médical.